Des mauvais sondages influencent les électeurs

Selon une étude, les objets soumis au vote perdent des soutiens si les sondages sont mauvais (image d'illustration). (© KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)
Les sondages peuvent influencer l'issue d'une votation. Une étude montre que les électeurs ont tendance à voter contre une proposition soumise au vote s'ils s'attendent à un refus.
Pour son étude, le politologue Oliver Strijbis, de l'université privée Franklin University basée à Sorengo (TI), a mené trois expériences de sondage auprès de 4000 personnes sur trois initiatives populaires: celles sur la réduction de la redevance radio-TV, sur l'interdiction des feux d'artifice et sur la responsabilité des multinationales.
Les personnes interrogées disposaient de différentes informations sur les chances de succès des textes proposés. En est sorti un "effet Titanic": si les sondés apprenaient qu'une initiative allait certainement échouer, leur soutien diminuait.
A l'inverse, des indices sont apparus d'un "effet d'entraînement": si les électeurs s'attendent à ce qu'une initiative soit approuvée, leur soutien augmente. Dans les expériences, l'effet était toutefois faible et pas significatif d'un point de vue statistique. En revanche, pas de trace d'un "effet underdog" dans lequel un objet qui aurait de mauvaises chances finirait par être approuvé.
Pas de manipulation
Selon M. Strijbis, on ne peut pas parler de manipulation. "Il y aurait manipulation si un sondage était falsifié dans le but d'obtenir un résultat précis. Je n'ai pas connaissance d'un tel cas et je ne connais qu'un seul sondage qui m'ait sérieusement amené à me demander si tout se passait comme il fallait", a-t-il dit à Keystone-ATS.
Ce qui est essentiel, c'est la transparence: pour chaque sondage, l'identité du commanditaire et celle de l'organisme qui l'a réalisé doivent être clairement établies. Le problème majeur réside plutôt dans le fait qu'il y a relativement peu de sondages en Suisse. Il est donc impossible de corriger des résultats fortement faussés - par exemple en raison du hasard statistique ou d'autres erreurs - à l'aide d'autres sondages, écrit M. Strijbis.
Le chercheur donne un conseil plutôt décevant aux comités d'initiative dont le projet perd des plumes dès les premiers sondages: ils ne peuvent sans doute plus que passer sous silence un tel recul.
Ils ne doivent en aucun cas tenter de mobiliser un soutien supplémentaire en évoquant la menace d’une défaite. Lancer un appel du type "les adversaires sont en train de gagner, nous devons absolument aller voter maintenant" risquerait au contraire de renforcer "l’effet Titanic", assure le politologue.
Les résultats de l'étude ont été publiés dans la revue Electoral Studies.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats